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Posted on Aug 28, 2022 in Actualités

danger iodure de potassium

Iodure de potassium : danger

Docteur Paul Dupont ancien chef de clinique d’endocrinologie nutrition

Faudrait-il interdire l’iodure de potassium ?

De nouvelles mises en garde !

L’OMS, il y a quelques années, avait alerté sur le risque de carence en iode de l’ensemble de la population du globe. Et pour pallier ce problème de santé publique, la meilleure solution de l’époque a été d’ajouter de l’iode sous forme d’iodure de potassium dans le sel de cuisine. Des médicaments et des compléments alimentaires contenant cet iodure ont ainsi été mis au point, sans que l’on se préoccupe du fait qu’il puisse y avoir une différence entre cet iode chimique et l’iode organique des aliments. Or d’après de nombreuses études, cet iodure de potassium serait à l’origine d’une recrudescence de maladies de la thyroïde, hypothyroïdies, thyroïdites et peut être même cancers de la thyroïde. Même si l’on peut incriminer d’autres facteurs environnementaux comme la pollution par les pesticides et autres phytosanitaires, la radioactivité, les autres métaux lourds et halogènes comme le fluor, c’est surtout l’iodure de potassium qui est suspecté de provoquer ces dérèglements.

Des publications récentes confirment cela. Voici quelques travaux récents :

Dans une étude publiée en mars 2015, les auteurs font un lien entre iodure, thyroïdite et cancer de la thyroïde. Ils ont en partie découvert comment l’iodure de potassium bloque la thyroglobuline, favorise l’apparition d’anticorps que le corps sécrète pour bloquer l’évolution vers le cancer (1).  

D’autres auteurs ont voulu savoir de quelle manière l’iodure de potassium pouvait léser la thyroïde.  Ils se sont basé sur les effets secondaires de l’iodure de potassium qui est utilisé comme traitement médicamenteux pour traiter de nombreuses maladies telles que la vascularite, l’érythème noueux, le syndrome de Sweet, la tuberculose et la granulomatose. Ils ont confirmé comment le sel iodé peut être nocif. Comment cet iode peut augmenter la fréquence de la thyroïdite chez l’homme et peut induire la survenue d’une thyroïdite expérimentale chez l’animal. Les recherches ont porté sur un modèle expérimental de la thyroïdite chez des rats Wistar et ont clairement montré des changements morphologiques dans la thyroïde des rats chez qui on administre l’iodure de potassium.  Ils ont constaté qu’il induit bien une thyroïdite expérimentale (équivalent de la thyroïdite chronique destructrice de Hashimoto chez l’homme) et une nécrose cellulaire de la glande (2).

Dans plusieurs études épidémiologiques les auteurs ont découvert que l’apport chronique en iodure de potassium a été associé à une fréquence accrue de thyroïdite auto-immune. Chez les sujets sensibles, cet iode non organique provoque divers dégâts dans la glande :

Il déclenche un phénomène cellulaire d’autodestruction de la glande avec nécrose tumorale dans les thyrocytes (les cellules de la thyroïde). Pour parler plus clairement « cela trou la glande et provoque kystes et nodules » (3).

Au Danemark lors de la mise en œuvre du programme d’enrichissement en iodure chez les femmes enceintes danoises, on a assisté à une augmentation des dysfonctionnements thyroïdiens et des thyroïdites (4).

Une autre étude publiée en août 2017 en Chine a comparé l’action d’une supplémentation  en iode organique sous la forme d’algues avec l’apport sous forme d’iodure de potassium ;  les algues riches en iode ont eu un effet positif sur la thyroïde sans effets nocifs. Tandis l’iodure de potassium provoque des lésions oxydatives dans la thyroïde et augmente le risque de thyroïdite auto-immune (5).

Cela fait à présent plusieurs années que les études sur ce sujet se succèdent sans qu’aucune précaution ne soit prise au sujet de l’iodure de potassium que l’on met dans le sel iodé ou que l’on distribue aux populations carencées en iode ou que l’on distribuerait en cas d’accident radioactif. Voici quelques résumés de ces études : entre 1980 et 1990 en Grèce, on a voulu supplémentées en iodure de potassium des populations susceptibles de développer des goitres par carence en iode. De nombreuses thyroïdites sont alors apparues (6). En 2007, dans 2 régions en Turquie, chez 1733 adolescents carencés en iode qui ont été ainsi supplémentés, cet iodure chimique a provoqué une élévation des anticorps anti-thyroidîens et des dysfonctionnement de la thyroïde (7). Une étude similaire en Inde en 2006 chez 4300 écoliers a révélé que l’iodure de potassium a entraîné une thyroïdite chez plus d’un quart d’entre eux (8). Une étude en Argentine en 2002 a même fait suspecté une possible lien entre l’ingestion diététique élevée de ce même produit et une plus grande fréquence du cancer de la thyroïdite (9). Une étude en Iran a révélé la même association, supplémentation en iodure de potassium,  thyroïdite et cancer de la thyroïde (10). Des chercheurs ont expliqué que tout cela serait lié à une mauvaise organification de l’iode chimique qui une fois fixé sur les globulines de réserve serait à l’origine du phénomène auto-immun ou dégénératif (11). Et chez l’animal des études en 2010 ont montré que la supplémentation en iodure de potassium induit effectivement des nécroses de la thyroïde et des thyroïdites (12).

Des recherches encore plus récentes sont encore plus alarmantes. Et on commence à lire des articles scientifiques de mise en garde contre l’utilisation excessive de l’iodure de potassium notamment en cas de risque d’accident radioactif (13).

L’iodure de potassium devrait même être interdit pendant la grossesse. Des études récentes publiées dans la revue neuroscience ont montré en effet que chez l’animal une exposition à ce produit chimique induit des lésions neurologiques irréversibles (14).

 sources :

1 . Fiore E1, Latrofa F1, Vitti P1. Iodine, thyroid autoimmunity and cancer. Eur Thyroid J. 2015 Mar;4(1):26-35.
2. Marković L, Mihailović-Vucinić V, Aritonović J. Hormones of thyroid gland in sera of rats treated with different dose of concentrated potassium iodine solutions. Eur J EnHorm Metab Res. 2015 Sep;47(10):721-6..

3 . Duntas LH1. The Role of Iodine and Selenium in Autoimmune Thyroiditis. Horm Metab Res. 2015 Sep;47(10):721-6.
4. Bliddal S1, Boas M2, Hilsted L2, Friis-Hansen L2, Tabor A2, Feldt-Rasmussen U2 Thyroid function and autoimmunity in Danish pregnant women after an iodine fortification program and associations with obstetric outcomes. Eur J Endocrinol. 2015 Dec;173(6):709-18
5. Gao CH1, Qu JQ1, Zhou XY1, Gao TS2,3. Iodine-Rich Herbs and Potassium Iodate Have Different Effects on the Oxidative Stress and Differentiation of TH17 Cells in Iodine-Deficient NOD.H-2h4 Mice. Biol Trace Elem Res. 2017 Aug 12.

6. Fountoulakis S, Philippou G, Tsatsoulis A. The role of iodine in the evolution of thyroid disease in Greece: from endemic goiter to thyroid autoimmunity.Hormones (Athens). 2007 Jan-Mar;6(1):25-35.
7. Bastemir M, Emral R, Erdogan G, Gullu S. High prevalence of thyroid dysfunction and autoimmune thyroiditis in adolescents after elimination of iodine deficiency in the Eastern Black Sea Region of Turkey. Thyroid. 2006 Dec;16(12):1265-71.

8. Gopalakrishnan S, Singh SP, Prasad WR, Jain SK, Ambardar VK, Sankar R. Prevalence of goitre and autoimmune thyroiditis in schoolchildren in Delhi, India, after two decades of salt iodisation. J Pediatr Endocrinol Metab. 2006 Jul;19(7):889-93.

9. Harach HR, Escalante DA, Day ES. Thyroid cancer and thyroiditis in Salta, Argentina: a 40-yr study in relation to iodine prophylaxis Endocr Pathol. 2002 Fall;13(3):175-81.
10. Soveid M, Monabbati A, Sooratchi L, Dahti S. The effect of iodine prophylaxis on the frequency of thyroiditis and thyroid tumors in Southwest, Iran  Saudi Med J. 2007 Jul;28(7):1034-8.
11. Moreno-Reyes R, Tang BN, Seret A, Goldman S, Daumerie C, Corvilain B. Impaired Iodide Organification in Autonomous Thyroid Nodules. J Clin Endocrinol Metab. 2007 Oct 9 [Epub ahead of print]

12. Marković L, Mihailović-Vucinić V, Aritonović J. Hormones of thyroid gland in sera of rats treated with different dose of concentrated potassium iodine solutions. Srp Arh Celok Lek. 2010 May-Jun;138(5-6):323-7.

13. Georgios MeristoudisIoannis Ilias. Caveats in the use of potassium iodide for thyroid blocking Eur J Nucl Med Mol Imaging. 2022 Jun;49(7):2120-2121.

14. Lebsir D, Guemri J, Kereselidze D, Grison S, Benderitter M, Pech A, Cohen D, Benadjaoud MA, Lestaevel P, Souidi M. Repeated potassium iodide exposure during pregnancy impairs progeny’s brain development. Neuroscience. 2019 May 15;406:606-616.

L’alternative naturelle à la prise d’iodure de potassium, consiste à absorber des quantités suffisantes régulières d’iode organique végétal extrait d’algue dans la teneur en iode est contrôlée

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